Le Trophée du Grand-Prix de Reims de Philippe ETANCELIN

Nous avons été contacté sur Reims-Avant par le petit-fils du pilote de Grand-prix Automobile : Philippe Etancelin qui a couru à de nombreuses reprises le Grand Prix de la Marne entre 1927 et 1951. Son message concernait à la fois l’histoire de son grand-père et le trophée qu’il avait gagné au Grand-Prix de Reims car c’et la réplique de la Victoire Ailée qui surplombe la fontaine Subé.

Voici ce qu’il nous dit :

« Historique:

mon grand-père (Philippe Etancelin), pilote automobile amateur avait débuté dans des courses régionales en Normandie (il était originaire de Rouen), au volant d’une Bugatti Grand-Prix personnelle.

En 1927, de passage à Reims (avec sa Bugatti), il va trouver l’organisateur du Grand Prix de la Marne, le rémois Raymond Roche pour s’inscrire à la course. Inconnu hors des frontières normandes, « Toto » Roche l’éconduit avec ces mots « vous n’êtes qu’un tocard, ici ne courent que les pilotes chevronnés ».

Mais lors des essais, de nombreuses casses mécaniques allaient clairsemer les concurrents, de telle sorte que Roche se dit que finalement cette Bugatti 35 (la plus belle voiture de course de l’époque), ferait bien sur le plateau de départ du Grand-Prix; il alla trouver mon grand-père à l’hôtel et lui fixa ses consignes pour la course: « vous partez en dernière ligne, et interdiction de doubler. vous faites de la figuration ! » finalement il n’écouta pas les consignes, et lors de la course, il franchit en vainqueur la ligne d’arrivée du Grand Prix de la Marne.

Mon grand-père reçu, en plus des primes de course (6000 francs en espèces, plus 1000 francs pour le record du tour), la garde pour un an du trophée « Victoire de la Marne ».

Le Trophée :

Ce bronze récompensait le vainqueur qui n’en avait la garde que pour un an, avant de le transmettre lors du Grand-Prix de la Marne de l’année suivante au vainqueur.

Cet objet d’art était ainsi présenté dans le programme de l’Automobile Club de Champagne:

Chalenge créé par Monsieur PAYEN, et dû au sculpteur Paul GASQ, d’une valeur de 10.000 francs.

Après ses victoires de 1927 et 1929, mon grand-père, en remportant à nouveau un troisième succès à Reims en 1933, s’adjuge définitivement le trophée « Victoire de la Marne »

La statue en bronze, de 1,20m et plus de 50 kilos, lui est remis officiellement lors d’une grande cérémonie organisée en son honneur, à l’Hotel de Ville de Reims le 2 juillet 1933.

Présidée par M.Marchandeau, député-maire et M.Guillemont, premier adjoint, qui lui remet également la médaille de la Ville de Reims.

C’est donc cette même statue, en grand format , qui trône sur la Fontaine Subé à Reims, mais aussi en haut d’une colonne à Dijon. il y a en outre cette même « Gloire » identique, sur le pont Alexandre III à Paris, face à l’esplanade des Invalides.

NB: une dernière anecdote, Raymond Roche surnommait mon propre père « Ville de Reims », car mon père aurait été conçu au soir de la première victoire de 1927 à Reims. Ceci est d’ailleurs relaté dans l’article de 2 pages dans le magazine de l’Automobile Club de Champagne de Juillet 1933. »

Voici les photos qu’il nous a fournies :

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Reims : grand Prix de la Marne : Etancelin après sa victoire : [photographie de presse] / Agence Meurisse - 1933

Photographie : Gallica-BNF –
Reims : grand Prix de la Marne : Etancelin après sa victoire : [photographie de presse] / Agence Meurisse – 1933

Dans son message, Monsieur Etancelin nous dit qu’une Gloire Ailée identique à celle de la place d’Erlon, se trouve à Paris sur le pont Alexandre III. Recherches faites, il doit sans doute s’agir de cette statue sur la photo ci-dessous :

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Elle se trouve dans la main d’un des quatre statues monumentales situées au pied de chaque colonne aux extrémités du pont, colonnes sur lesquelles sont posés les Chevaux de Marly. Cette statue représente « La France de Louis XIV »

Paris 1900 l’art Nouveau.com

Nous n’avons pas de renseignements ni de photos pour la statue de Dijon.

 

 

3 Comments

  1. LEROY Francis dit :

    J’avais lu quelque part que Paul Gasq après-guerre se mît à réaliser des victoires mais au demeurant il suffit d’aller sur « la toile » comme on dit pour s’apercevoir que cette forme de génie ailé ou de victoire ailée n’est point rare. Sauf que souvent les victoires tiennent une arme(glaive principalement). A Epernay à l’ancien hôtel Gallice, il y a un vitrail de Gruber qui représente une scène de 1914-1918 avec une victoire ailée qui tient (si je me souviens bien) une autre petite Victoire (ailée) dans sa main ou au-dessus. J’avoue que je trouve curieux ce que tient dans sa main droite la Victoire automobile (3 fleurs ?). D’ordinaire les attributs sont une couronne de lauriers (symbole de gloire) et une palme (symbole d’héroïsme ?).Dans l’iconographie religieuse c’est le symbole du martyre. Enfin j’ai aussi cette référence du pont Alexandre III mais il faut ajouter 2 Victoires (?) ailées au Petit Palais, cour intérieure, et bien sûr le Génie ailé de la colonne de Juillet de la place de la Bastille ! En réfléchissant bien, je trouve que la statue de Paul Gasq ressemble à celle de Charleville, érigée dans les années 1920.

    1. Béatrice Keller dit :

      Voici des photos de la victoire ailée du monument aux morts de Charleville, si c’est bien de celle-ci à laquelle vous faites allusion, elle n’y ressemble pas du tout : http://frontdechampagne.over-blog.com/2015/11/la-victoire-ailee-de-charleville.html

  2. Valette dit :

    Merci pour ces précisions. Nous allons corriger notre texte.

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