La fontaine Subé #4 – Les travaux et l’inauguration

Le début des travaux

Les travaux débutent le 21 juillet 1904, la première pierre est posée le 23 mai 1905 et les travaux sont achevés début juin 1906 ce qui permet de fixer la date de l’inauguration officielle au 15 juillet.

L’illustration de l’inauguration est par contre beaucoup plus abondante : Deux séries de dix cartes chacune sont éditées par Louis de Bary et Bienaimé & Dupont. La fontaine de 17 mètres de haut est réalisée en pierre de Corgoloin (Côte d’Or) et de Chassigneulles (Yonne) d’après la plaquette éditée pour l’inauguration. Par contre une plaquette sur les caractéristiques des pierres de taille françaises nous indique que les deux pierres utilisées seraient le liais de Villars (Côte d’Or) et la Pierre de la Foret des Brousses (Yonne). Qui croire ? Les deux dernières citées sont les pierres utilisées par le Crédit Lyonnais pour l’extension de son siège parisien œuvre du même architecte Narjoux.

Quelle qu’elle soit la pierre posera des problèmes et dès 1910 un conseiller municipal M. Rouhart s’en inquiète en exhibant au cours de la séance du 19 décembre 1910 un fragment du décor supérieur qui s’en est récemment détaché. En 1911 André Narjoux accepte de faire exécuter les réparations mais indique qu’il ne peut les garantir si l’on continue avec cette même pierre qu’on lui a imposée et qui n’est pas satisfaisante car gélive.

L’inauguration

Un poème en latin sera composé à l’occasion de l’inauguration : « Quis Remos… » dont Charles Sarazin nous donne la traduction :

« Qui donc à voir ces jeunes filles sans vêtements penserait que Reims est célèbre par son industrie textile ? Rémois, vous vous demandez pourquoi sur la fontaine Subé, tant de nymphes sont assises toutes nues et sans pudeur, bien en vues ? C’est que sans doute l’industrie de la laine ne produit plus de quoi les vêtir et que notre vin leur a joué un tour. »

Dès lors la fontaine ne cessera d’être représentée sous toutes les coutures (sans jeu de mot voulu, bien que ce fut le nom de la place jusqu’en 1850).

Article d’Olivier Rigaud, paru dans le bulletin d’Amicarte 51 en août 1995

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