Le monde espérantophone d’avant-guerre 1914-1918 – Espérantistes Rémois

Par François Denoncin

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Séminariste regimbé, Albert DENONCIN (1852-1924) fut employé au service de la voie, attaché aux bureaux d’un ingénieur, à la compagnie des chemins de fer de l’Est à Reims. Le 10 août 1887, il épouse à Villers-Allerand (Marne) Claire Désirée DAMVILLE (1864-1915). Le couple vécut à Reims au 47 rue Lesage (1888), au 88 avenue de Laon (1890), puis au 8 rue Paulin-Paris, et eut deux enfants, Maurice né en 1888 et Marthe en 1890, également enfants de Reims.

Dès l’année scolaire 1878-1879, Albert dispense des cours d’adultes à Reims comme instituteur adjoint bénévole.

Veuf depuis août 1915, en avril 1918, suite aux bombardements, aux destructions et aux différentes vagues de Rémois réfugiés vers d’autres villes et départements (L’ordre d’évacuation générale de la population civile de Reims est donné le 25 mars 1918), Albert Denoncin, réfugié, s’établit temporairement au 17 de la rue Guyot à Provins (Seine et Marne). Après-guerre, en 1921, il revient habiter dans le quartier qu’il aime à Reims « du Faubourg du Laon », église Saint Benoit sa paroisse, quartier proche de la gare où il avait fait sa carrière, au 46 rue Pierret, rue débouchant aux 7-9 rue Paulin-Paris, face au n°8.

Locuteurs espérantistes rémois

Albert Denoncin a 34 ans lorsqu’en juillet 1887 est publié le premier ouvrage de grammaire sur la « Lingvo Internacia » (Langue internationale). Son créateur est le Docteur Polonais Ludwik Lejzer (Louis-Lazare) ZAMENHOF (1859-1917), lequel utilise le pseudonyme de Doktoro Esperanto (« Docteur Espérant », « Docteur qui espère »), d’où le nom d’Espéranto sous lequel cette langue internationale s’est popularisée.

En créant cette langue internationale, le Docteur Zamenhof a pour projet de faciliter la communication et les échanges entre les peuples et les personnes d’autres nations et de langues différentes à travers le monde entier. L’Espéranto porte l’ambition d’être une langue de paix, d’être au service de la Paix : « Per Esperanto, por la Paco ».

En 1898, la première association nationale espérantiste est créée en France, et le cercle des personnes qui se lancent dans son étude s’agrandit. En août 1905, se tient à Boulogne-sur-Mer le premier congrès mondial d’espéranto « esperantista kongreso », premier rassemblement important de personnes de nationalités différentes avec l’espéranto comme seule langue commune.

Albert Denoncin crée vers 1900 à la Chambre de commerce de Reims le premier cours bénévole d’ « Espéranto », prônant une langue universelle (Témoignage oral reçu dans les années 80’s auprès de son fils, Maurice (1888-1986)). Locuteur espérantiste rémois, il pratique des échanges épistolaires avec d’autres « Espérantistes » comme l’illustre la carte postale rédigée en ESPERANTO qu’un correspondant lui adressa depuis le Congo à son adresse de domicile à Reims, 8 rue Paulin-Paris (Carte écrite le 6 avril 1905 à Shangugu, avec cachet de Stanleyville du 7 mai et de Léopoldville du 27 mai 1905) : « Cher Monsieur, J’ai reçu votre carte postale et vous remercie des salutations chaleureuses que vous m’avez envoyées. J’espère que cette chère et belle langue sera bientôt adoptée par tous les philologues. Je vous prie, cher Monsieur, d’accepter mes salutations les plus cordiales » (Remerciements pour la traduction à Jennifer Fandard – reims.esperanto@gmail.com).

1905-08-10-Le premier congrès mondial d’espéranto eut lieu en France à Boulogne-sur-Mer

 

Autres illustrations : Premières pages du petit dictionnaire Français – Espéranto (édition 1908) toujours en possession de la famille ; Cartes d’avant-guerre 14-18 de promotion de l’espéranto par l’illustrateur A. Demasles, également caricaturiste politique de cette période (Traduction par Jennifer Fandard, Reims.Espéranto) ; Carte (non datée) d’un groupe espérantiste de Reims, vraisemblablement des années 50’s.

Vers 1950 Groupe Espérantiste de Reims

Cet intérêt pour l’espéranto comme langue internationale comme dans la vie rémoise est illustrée en 1913 par la publication par P.-Paul Simon, artiste peintre et verrier, de l’ouvrage «Vitraux de la cathédrale de Reims » (notes sur les vitraux anciens de la cathédrale de Reims, 34 p.) en français et en espéranto « La Vitrajoj de la Katedralo de Reims » (Esperanto traduko de Marcel Laignier).

La Première Guerre mondiale éclate et le 2 août 1914 l’ordre de mobilisation générale est promulgué.

Triste coïncidence de l’histoire, c’est du 2 au 9 août 1914 que le congrès universel d’Espéranto de 1914 devait se tenir à Paris. Quelle déception pour les espérantistes d’alors, empreints de volonté de communication et de paix entre les peuples ! Le « Xe Universala Kongreso de Espéranto » prévu au Gaumont-Palace n’aura pas lieu.

En 2017 à Reims, un petit groupe de personnes s’intéressant à l’espéranto existe depuis quatre ans. Ils s’attachent à l’histoire des espérantistes de Reims et au recueil de documents relatifs aux anciennes associations de Reims. Madame Jennifer Fandard – reims.esperanto@gmail.com – propose des cours pour débutants dans les locaux de l’association rémoise « Bien vivre à Sainte Anne » : http://bvsa51.fr/activites/ateliers/atelier-formation-et-apprentissage-esperanto/

Histoire de l’Espéranto :

http://esperanto-france.org/historique-de-l-esperanto

https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l’esp%C3%A9ranto

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