François ROTHIER (1852-1914)

Le plus médaillés des photographes rémois.

par Charles POULAIN

L’entrée en guerre de la France le 3 août 1914 a précipité François Rothier dans l‘oubli, le photographe rémois le plus récompensé. L’homme s’est éteint le 14 avril 1914. Avec une guerre qui se termine quatre ans et demie plus tard, il n’a pu bénéficier d’une biographie bien méritée dans les revues locales et notamment dans la plus renommée, l’Académie nationale de Reims. On peut penser qu’en Henri Jadart en ait eu le projet car on lui doit une notice publiée dans le Courrier de la Champagne du 31 juillet 1914, certainement ignoré de beaucoup d‘historiens. Nous en donnons donc le texte intégral.

L’article d’Henri Jadart dans le Courrier de la Champagne.

François ROTHIER Photographe à Reims
(1852-1914)

La mort nous a enlevé inopinément et bien prématurément un excellent artiste rémois, travailleur assidu et courageux, infatigable, metteur en œuvres d’idées personnelles et originales, aussi complaisant qu’affable en toute circonstance pour toute sa clientèle.

On devine à ces traits M. François Rothier, photographe, place du Parvis Notre-Dame et rue des Carmes, né à Reims, le 13 mars 1852, décédé le 9 avril 1914, dans sa 63ème  année.   A la cérémonie de ses funérailles, le lundi de Pâques (note 1).

En l’écoutant, chacun des assistants se rappelait ses mérites et exprimait à sa famille ses biens sincères regrets et ses vives condoléances.

Il laissait, en effet, un grand vide sur cette place du Parvis, qu’il animait de sa présence continue et de ses efforts quotidiens. Là, on ne l’oubliera pas, car son œuvre y subsiste toujours fournie au public et continuée par les siens.

Mais il n’importe pas moins de récapituler l’étendue de ses travaux, les reproductions qu’il tint de tant de merveilles de l’art à la Cathédrale, aux autres monuments de Reims, à la Bibliothèque et aux Musées de la Ville. Jamais il ne chôma, jamais il ne remit au lendemain la tâche demandée, et c’est ainsi que je me souviens qu’il fournit à la ville, quelques jours avant sa mort, la photographie commandée la veille du portrait du prince Wolkonski, destinée au Musée historique de 1812 à Moscou. Ce sera son legs suprême à l’art et aux souvenirs rémois.

Non seulement, il s’adonna aux reproductions individuelles, mais il eut le talent de grouper des ensembles qui resteront estimés dans les collections d’amateurs et de curieux. C’est ainsi qu’il appela particulièrement sur lui l’attention et les suffrages de l’Académie de Reims, qui récompensa en 1890, d’une médaille d’argent son Album des Établissements hospitaliers de Reims ;  en 1895, d’une médaille de vermeil, ses Albums de l’Exposition rétrospective et de l’Église Saint Remi, en 1896, d’une autre médaille d’argent, son Album du Musée lapidaire rémois, enfin, en 1906, d’une nouvelle médaille de vermeil, son Album des Figures inédites de la Cathédrale. En 1897, il avait reçu les palmes d’officier d’Académie, pour l’aide qu’il apporta aux architectes de la Cathédrale par ses vues prises au sommet et dans les coins les plus inaccessibles du monument. Il méritait mieux encore, et nous pouvons louer son désintéressement et sa valeur qui ne reculaient devant aucun labeur.

Après la Cathédrale, c’était à la cause de nos œuvres d’art, qu’il s’adonna avec le même succès. Il s’empressait à reproduire les manuscrits, les miniatures, les tapisseries, les tableaux petits et grands, dont la photographie et l’héliogravure venaient multiplier les images. C’est ainsi qu’il donna de la fameuse collection Henry Vasnier, le premier recueil complet, sur l’appel du collectionneur, si favorable aux artistes.

Un plus large travail l’attendait [… mot absent à cause d’un trou dans le papier] ses dernières années, la reproduction [sur ?] panneaux de tous les tableaux du Musée de la Ville, en vue de leur transfert et de leur classement dans le Nouveau Musée des Beaux-Arts. S’étant adonné à l’emploi de tous les progrès scientifiques. Il put réussir à donner cet utile panorama dont M. Paul Jamot s’est servi pour son arrangement méthodique.

Rappellerai-je maintenant qu’il sut également grouper les clichés de ses prédécesseurs, notamment ceux du regretté Trompette pour l’illustration de la Cathédrale ? Il n’a pas dressé, ni imprimé le catalogue de ce qu’il avait recueilli ainsi de clichés de tous genres, parce que sa mémoire suffisait à toutes ses recherches dans cet immense assemblage. Mais nous désirons maintenant qu’on le fasse pour l’honneur de sa mémoire et aussi pour satisfaire aux besoins incessants des érudits et des artistes. Ses cartes postales, ses divers procédés de vulgarisation auront été, en outre, un service rendu aux visiteurs innombrables que notre ville attire et devra attirer de plus en plus. Il n’y a jamais trop d’ouvriers pour répondre à de tels besoins, et l’œuvre de François Rothier restera comme un service public et permanent rendu à ses compatriotes.

>> Note 1

(1) Discours de M. Georges Bellot, président de la Société de Gymnastique La Fraternelle, reproduit dans le Courrier de la Champagne du 14 avril 1914.

Henri JADART

Reims, le 30 juillet 1914
(Texte intégral)

Cette courte biographie par Henri Jadart mérite d’être développée, d’abord par une recherche généalogique, puis pour connaître l’évolution de François Rothier parmi les photographes rémois, avec ses magasins et les diverses récompenses qu’il a obtenu pendant une carrière de près de cinquante ans. Il la débute en 1867, certainement comme apprenti bien que dans l’introduction de son « Souvenir de l’église Saint Remi de Reims » en 1896, il indique « maison fondée en 1867 ».

>> Note 2

François Rothier et sa famille.

François naît à Reims, le 13 mars 1852 au n° 12 rue Fléchambault, il est le fils naturel de Céline Andréenne Muzerelle, ouvrière en laine âgée de près de 22 ans (cf. annexe 1). Sa mère est journalière quand elle épouse à Reims, Louis, Édouard Rothier le 26 mai 1856. Celui-ci est âgé de 36 ans, serrurier, ouvrier de première classe à la cinquième Compagnie des ouvriers constructeurs du train des équipages, en congé provisoire de libération à Reims. A cette occasion, les parents légitiment François.

François Rothier se marie le 15 octobre 1873, il a 21 ans, exerce la profession de photographe et habite n° 31 rue du Cerf à Reims, devenue de nos jours rue du Grand Cerf. Il est le fils majeur de Louis Édouard Rothier, serrurier et de Céline Andréenne Muzerelle, ménagère. Son épouse, Antoinette Angélique Cahoussin, est âgée de 17 ans, elle est modiste, fille naturelle de Marie Jeanne Cahoussin, cuisinière, habite dans le même quartier au n° 9 rue des Carmes à Reims. (Reims, acte de mariage 1873 n° 581, ADM, 2 E 534/427).

De leur union naissent Cinq enfants : Léon Antoine Rothier le 26 décembre 1874, au n° 17 rue des Carmes (décède le 6 décembre 1951) ; Alice Rothier, le 17 septembre 1881, au n° 15 rue des Carmes (décède le 12 janvier 1885) ; Lucien, le 2 mai 1887, au n° 15 rue des Carmes. Ce dernier succédera à son père comme photographe, il décède à Reims le 3 octobre 1955 ; Alice, le 20 juillet 1891, au 9 place Saint-Maurice (décède le 31 octobre 1892) ; Alice Lucie, le 29 juin 1896, au 9 place Saint-Maurice (décède le 19 septembre 1966).

François Rothier décède à son domicile, n° 32 rue Saint-Maurice, le 9 avril 1914, quelques semaines après ses 62 ans. Il est inhumé à Reims, dans le carré 13 du cimetière du sud, après de son épouse décédée le 18 avril 1909.

Les magasins et les supports photographiques de François Rothier

Le verso des supports photographiques de François Rothier nous renseigne sur l’emplacement de ses magasins et nous permet de suivre les récompenses qu’il a obtenues au cours de sa carrière. Les annuaires des 50.000 adresses de Matot-Braine, puis des 500.000 adresses, nous donnent les dates approximatives de la création de ses magasins et la durée de leur présence.

Quand François Rothier se marie en octobre 1873, il doit aller résider à proximité de sa belle-mère rue des Carmes, car à la naissance de son premier enfant, le 26 décembre 1874, le couple habite au n° 17 de cette rue.

Il ouvre certainement son premier magasin au n° 11 rue des Carmes peu de temps après son mariage car dans la liste des quinze photographes de Reims en 1874, l’annuaire des 50.000 adresses de Matot-Braine qui paraît pour la première fois, Rothier figure à cette adresse (Annuaire des 50.000 adresses de Matot-Braine, p. 375). On le retrouve dans la deuxième édition en 1876 (p. 401) mais au n° 11bis rue des Carmes (p. 331). Cette adresse est confirmée par le verso d’un carton support de photographie (modèle n° 1)>> Note 3.

Dans l’édition de 1878, Rothier est au n° 15 rue des Carmes (p. 450) alors qu’à la page 378 il est toujours au 11 bis. Le numéro 15 est certainement son adresse personnelle, car à la naissance de son deuxième enfant, Alice, le 6 septembre 1881 il réside à cet endroit. De même le 12 décembre 1883 quand il est le témoin de mariage de son ami François Eugène Pujo, un artiste-peintre rémois (Reims, acte de mariage n° 724, ADM, 2 E 534/437). Il est à la même adresse le 2 mai 1887 pour la naissance de Lucien. Il ne quittera jamais cette résidence et il y déplacera probablement son magasin car il figure au n° 15 dans les annuaires de 1882 et 1884/1885 (Annuaire …, 1882, p. 392 et 471 ; Annuaire…, 1884/1885, p. 522). Cela est confirmé par deux cartons (modèles n° 2 et n° 3).

>> Note 4

L’annuaire de 1892-1893, qui est devenu celui des 500.000 adresses, mentionne maintenant ce qui semble être deux magasins, l’un au 15 rue des Carmes, puis un autre 9 place Saint-Maurice (p. 414, où figure en bas de page une petite publicité). Rothier est l’un des neuf photographes de la ville (p. 515) et il y fait figurer ses Récompenses à l’Exposition universelle de 1889, à l’Académie nationale de Reims en 1890, à l’Exposition internationale de Paris de 1890. Cela nous induit en erreur comme en témoignent les cartons n° 4, 5, 6 et 7 qui précisent « ENTREES 15 rue des Carmes , 9 Place Saint Maurice », ce qui signifie deux entrées pour un même magasin ! On doit en déduire que l’entrée de la Place Saint Maurice a été réalisée entre 1885 et 1890, ce que confirme l’acte de naissance d’Alice le 21 juillet 1891. Le parcellaire de 1819 dans cette zone conforte cette possibilité.>> Note 5 L’accès par les n° 15 rue des Carmes disparaîtra probablement peu de temps après, il ne figure plus sur les cartons n° 8, 9 et 10.

Dans l’annuaire de 1895-1896, il n’y qu’un magasin au n° 9 de la place Saint-Maurice. Les récompenses y sont résumées : Récompenses aux Expositions ; Diplômes d’honneur ; Admis à l’exposition de Moscou, puis suit une invitation à « Voir aux annonces » (p. 455 et 566). Ce seul magasin figure sur les cartons n° 8 et 9, dont la variante se situe par rapport aux récompenses. Diplôme Monaco 1892 pour le n° 8 et, Paris médaille 1894, etc. pour le carton n° 9.

Fig. Page d’introduction de « Souvenir de l’Église Saint Remi de Reims », publiée en 1896.

L’annuaire de 1898-1899 nous apprend que F. Rothier est devenu officier d’Académie (en 1897 d’après H. Jadart), et qu’il a un magasin au n° 9 de la Place Saint Maurice et que Rothier est photographe au n° 15 rue des Carmes, ce qui en fait signifie sa profession. Il annonce : Photographies en tous genres (Médailles de bronze, argent, vermeil et or et 4 diplômes d’honneur) (p. 518 et 658).

En 1901 F. Rothier possède toujours son magasin 9 place Saint Maurice et il a ouvert une succursale au n° 21 place du Parvis Notre-Dame, non loin de celui de la Veuve Trompette au n° 11 qui est aussi un magasin de vente (p. 828). Il fait encore mention de Médailles de bronze, argent, vermeil, or et 4 diplômes d’honneur. – Vues de Reims et de ses monuments. – Photographie scientifique, industrielle et artistique (Annuaire …, p. 533 et 668). A la page 533, F. Rothier est photographe, place Saint Maurice n° 9 et Carmes n° 15. Maison de vente : place du Parvis Notre-Dame n° 21. Ces précisions nous apprennent qu’il s’est installé près de la cathédrale simplement pour la vente, on peut penser que c’est pour vendre les cartes postales qu‘il édite. Cette succursale est ouverte au plus tard au début de 1900 car Rothier y expose en avril 1900 les photographies retenues pour l’Exposition universelle. Les deux magasins figurent sur le carton n° 10 qui mention la médaille d’argent obtenue à l’exposition universelle de Paris en 1900. Au n° 15 de la rue des Carmes, on  rappelle la profession du locataire et nom la présence d’un magasin.

L’annuaire de 1905-1906 est plus succinct, toutefois F. Rothier est au n° 32 de la Place Saint Maurice ce qui ne doit pas être un changement dans l’emplacement du magasin mais une nouvelle numérotation de la place. Il possède toujours sa succursale au 21 place du Parvis Notre-Dame. Il ne mentionne plus ses récompenses. Il est aussi au 15 rue des Carmes, qui est toujours sa résidence (p. 427, 524 et 572). Actuellement nous ne connaissons aucun carton mentionnant ces deux magasins.

L’Annuaire de 1909-1910 indique à la page 459 « F. Rothier  (officier d’Académie), photographe Saint-Maurice, 32 et Carmes, 15 : maison de vente : pl. du Parvis Notre-Dame, 11 » ; précision page 572, place du Parvis Notre-Dame c’est une succursale au n° 21 (sic) ! (cf. Reims –  p. 572 et apr. p. 704 non paginée, 625, 704). Deux hypothèses pour ce changement de numéro, après 1905-1906 : soit une nouvelle numérotation de la place, soit un déplacement du magasin. C’est certainement cette dernière qu’il faut retenir car au n° 11 il y avait le magasin du photographe Joseph Trompette (décédé le 12 janvier 1891, âgé de 44 ans) encore tenu par sa veuve en 1901. Aucun carton support mentionnant ces deux adresses n’est connu, mais il existe des cartes postales au dos desquelles figure : « F. Rothier, Photographe, 32, rue St-Maurice et 11, Parvis Notre-Dame, Reims- Portraits, Monuments, Usines, etc. 2500 clichés de détails de la Cathédrale, Basilique St-Remi, etc. ». >> Note 6.

A cette époque on compte vingt autres photographes dans la ville.

ROTHIER Place saint Maurice à gauche (1)

Inventaire des divers modèles de support utilisés par François Rothier.

Nous avons actuellement identifié dix modèles de carton destinés à recevoir le portrait du client photographié par F. Rothier. Nous avons tenté de les dater à partir des diverses sources citer ci-dessus et des récompenses figurant sur ces supports.

Modèle n° 1, vers 1876/1878 :

carton 6,4 x 10,5 cm :

  • au recto, fond beige : F. ROTHIER (en bas à gauche).
  • au verso, fond beige : Angelot tourné à gauche et accoudé sur un appareil photographique près d’une palette de peintre et d’un rameau de laurier, sur 4 lignes :

Fs ROTHIER
PHOTOGRAPHE
Rue des Carmes. 11 bis
REIMS

Modèle n° 2, vers 1878/1889 :

carton  6,3 x 10,5 cm :

  • au recto, fond beige entouré d’un liseré rouge :

Fs ROTHIER (en bas à gauche) et REIMS (en bas à droite)

  • au vers, fond beige : deux angelots sont dans les feuillages d’une haie, l’un debout, tourné vers la gauche porte un appareil photo, l’autre qui est assis va dessine un buste qui est à terre. La scène est au-dessus d’un encadrement constitué d’un ruban enroulé autour d’une tige d’arbuste. A l’intérieur,  sur 3 lignes :

Fs ROTHIER
15, Rue des Carmes, 15
REIMS

Puis dessous :

PHOTOGRAPHIE POPULAIRE
Les Clichés sont conservés

Les P sont entourés de rinceaux.

Modèle n° 3, vers 1878/1889 :

carton 6,3 x 10,5 cm (?) :

  • au recto, fond beige entouré d’un liseré rouge, dans une banderole :

ROTHIER Photographe REIMS, au-dessus monogramme F R enchevêtré

  • au verso, fond beige, Sur des bandeaux horizontaux bordés de rinceaux, sur 5 lignes :

PHOTOGRAPHIE POPULAIRE
Fs ROTHIER
REIMS
.15. Rue des Carmes. 15.

Les Clichés sont conservés

Modèle n° 4, entre 1885 et 1889 :

carton 6,3 x 10,5 cm :

  • au recto, sur fond beige entouré d’un liseré rouge :

Fs ROTHIER (en bas à gauche) et REIMS (en bas à droite)

  • au verso, sur fond beige : parmi des rinceaux, sur 6 lignes :

PHOTOGRAPHIE  (1)
FssRothier  (2)
REIMS
ENTREES
15. RUE DES CARMES
9. PLACE ST MAURICE
Les clichés sont conservés / …..
D. HUTINET – PARIS

Modèle n° 5, de 1890 à 1891 :

carton 6,3 x 10,5 cm (?) :

  • – au recto, fond beige, entouré d’un liseré rouge :

Fs ROTHIER (en bas à gauche) et REIMS (en bas à droite.

  • au verso, fond beige; : parmi quelques rinceaux et inscriptions des récompense, sur 6 lignes :

PHOTOGRAPHIE  (1)
FssRothier  (2)
ENTREES
15, Rue des Carmes
9. Place St Maurice. 9.
N°…. REIMS

MH. EXPOSITION UNIVERSELLE 1889
MEDle ARGENT ACADEMIE NATIONALE REIMS 1890
MEDle ARGENT EXPOSN INTERNATIONLE  PARIS 1890
DIPLÔME D’HONNEUR (EX AEQUO) PARIS 1890
Les Clichés sont conservés
J. H. Nar.., PARIS

ROTHIER-5 Portrait femme 2 recto verso

Modèle n° 6, vers 1891/1892 :

carton 6,3 x 10,5cm, modèle qui diffère du n° 5 par l’adjonction  : Admis à l’expos française de Moscou 1891.

  • au recto, sur fond blanc :

Fs ROTHIER (en bas à gauche) et REIMS (en bas à droite)

  • au verso, sur fond bleuâtre : parmi quelques rinceaux et inscriptions des récompense, sur 6 lignes :

PHOTOGRAPHIE (1)
FssRothier (2)
ENTREES
9, PLACE ST MAURICE , 9
15, Rue des Carmes
N°…. REIMS

M.H. EXPOSITION UNIVERSELLE 1889
MEDLE D’ARGENT ACADEMIE NATIONALE REIMS 1890
MEDLE D’ARGENT EXPOSN INTERNATIONLE  PARIS 1890
DIPLÔME D’HONNEUR (EX AEQUO) PARIS 1890
ADMIS A L’EXPOSN FRANCAISE DE MOSCOU 1891
Les Clichés sont conservés
D. HUTINET PARIS

 

Modèle n° 7, vers 1891/1892 :

carton ** x **cm (grand format), modèle qui diffère du n° 6 par la typographie du recto et le format. Portrait en pied de Monseigneur Langénieux, archevêque de Reims de 1874 à 1905. Bibliothèque municipale de Reims cote ***

  • au recto sur fond blanc :

Fs s Rothier  (en bas à gauche) et REIMS  (en bas à droite).

  • au verso sur fond bleuâtre : parmi quelques fleurons et inscriptions des récompense, sur 6 lignes :

PHOTOGRAPHIE (1)
FssRothier (2)
ENTREES
9, PLACE ST MAURICE , 9
15, Rue des Carmes
N°…. REIMS

M.H. EXPOSITION UNIVERSELLE 1889
MEDLE D’ARGENT ACADEMIE NATIONALE REIMS 1890
MEDLE D’ARGENT EXPOSN INTERNATIONLE  PARIS 1890
DIPLÔME D’HONNEUR (EX AEQUO) PARIS 1890
ADMIS A L’EXPOSN FRANCAISE DE MOSCOU 1891
Les Clichés sont conservés
D. HUTINET – PARIS

Modèle n° 8, vers 1892/1893 :

carton 6,3 x 10,5cm (petit format). Les récompenses le plus récentes sont, médaille d’or PARIS 1892 et Diplôme d’Honneur Monaco 1892.

  • au recto, sur fond crème :

Fs ROTHIER (en bas à gauche) et REIMS (en bas à droite).

  • au verso, sur fond bleuâtre : armoiries de la ville de Reims, des rameaux de lauriers encadrent la représentation de quatre médailles, avers et revers, avec un bandeau au dessus et au dessous mentionnant la ville et la date, puis le type de la récompense. Une décoration cruciforme est pendue à Reims.

PARIS 1889 / MENTION HONNORABLE
REIMS 1890 / MEDAILLE D’ARGENT
ADMIS A L’EXPOSITION FRANCAISE MOSCOU 1891
MEDAILLE D’ARGENT / PARIS 1890 (1)
MEDAILLE D’OR / PARIS 1892 (1)
DIPLÔME D’HONNEUR / PARIS 1890
DIPLÔME D’HONNEUR / MONACO 1892

Au centre de la composition, inscription sur 4 lignes :

Fs ROTHIER (2)
PHOTOGRAPHE
.9. Place St Maurice. 9.
REIMS
Les Clichés sont conservés
N° …
D. HUTINET. PARIS

Modèle n° 9, vers 1894/1895 :

carton 6,3 x 10,5 cm (petit format) : modèle qui diffère du n° 8 par la mention des récompenses de 1894.

  • au recto sur fond blanc :

Fs ROTHIER (en bas à gauche) et REIMS (en bas à droite).

  • au verso sur fond bleuâtre : armoiries de la ville de Reims, des rameaux de lauriers encadrent la représentation de quatre médailles, avers et revers, avec un bandeau au dessus et au dessous mentionnant la ville et la date, puis le type de la récompense. Une décoration cruciforme est pendue à Reims.

PARIS 1889 / MENTION HONNORABLE
REIMS 1890 / MEDAILLE D’ARGENT
ADMIS A L’EXPOSITION FRANCAISE MOSCOU 1891
MEDAILLE D’ARGENT / PARIS 1890  (1)
MEDAILLE D’OR / PARIS 1892  (1)
DIPLÔME D’HONNEUR / PARIS 1890
DIPLÔME D’HONNEUR / MONACO 1892
EPERNAY, Médaille de Vermeil de 1ère Classe 1894
ANVERS, Diplôme d’Honneur & Médaille de Bronze 1894
LYON, Médaille d’or & de Bronze 1894
PARIS, Médaille de Vermeil 1894

Au centre de la composition, inscription sur 4 lignes :

Fs ROTHIER (2)
PHOTOGRAPHE
.9. Place St Maurice. 9.
REIMS
Les Clichés sont conservés
N° …
D. HUTINET, PARIS

Modèle n° 10, fin 1900/1901 :

carton ** x **cm (grand format) : nouveau modèle sur lequel figure la médaille d’argent obtenue à l’exposition universelle de Paris qui se tient du 15 avril au 5 novembre 1900. Portrait en buste du docteur Arthur Decès mort le 7 février 1900 (sic, car avant l’exposition) et portrait en pied de Monseigneur Marie de Baye décédé le 16 août 1901 (Bibliothèque municipale de Reims cote ***).

  • au recto sur fond blanc :

Fs ROTHIER (en bas à gauche) et REIMS (en bas à droite).

  • au verso sur fond bleuâtre : armoiries de la ville de Reims encadrée par l’averse et le revers de la médaille de l’exposition universelle de Paris de 1900, ornements divers et rinceaux, la représentation des neuf médailles précédemment obtenues.

EXPOSITION UNIVERSELLE PARIS / MEDAILLE D’ARGENT 1900
Armoiries de Reims / MEDAILLE D’OR REIMS 1895
PARIS 1889 / MENTION HONORABLE
MED D’ARGENT REIMS / ACADEMIE NATIONALE 1890
MED DE VERMEIL & OR / PARIS 1892 & 1894
DIPLOMES D’HONNEUR avec une médaille cruciforme suspendue
PARIS 1890 / MONACO 1892
ANVERS 1894 / BORDEAUX 1895
ADMIS A L’EXPOSITION FRANCAISE MOSCOU 1891
MEDAILLE D’ARGENT / PARIS 1890
MED. DE VERMEIL ACADEMIE NATIONLE REIMS 1895
MEDAILLE DE BRONZE / LYON 1894
MEDAILLE DE BRONZE / ANVERS 1894
MED DE VERMEIL 1ère CLASSE / EPERNAY 1894

Au centre de la composition, inscription sur 10 lignes, donnant les informations sur le photographe et ses établissements :

Fs ROTHIER
A (1)
PHOTOGRAPHE
9, Place St Maurice
& 21, Place du Parvis Notre-Dame
(SUCCURSALE)
REIMS
Les Clichés sont conservés
N° …
R. DECHAVANNES, PARIS

(1)

modèle n° 11, vers 1905

doit logiquement exister car nous savons que le magasin de la Place Saint Maurice est devenue le 32 en 1904 ou 1905.

Les récompenses obtenues par François Rothier.

François Rothier a reçu seize récompenses entre 1899 et 1900 comme l’atteste le dernier modèle de support (n° 10) connu. Ceci nous fournit un fil conducteur qui va guider nos recherches. Ces médailles et diplômes ont été obtenues en grande partie dans les expositions nationales et internationales de 1889 à 1900 et par l’Académie nationale de Reims de 1890 à 1895 et la Société d‘Archéologie en 1911.

– 1889 : Paris Exposition Universelle, M. H. [Mention honorable].
– 1890 : Reims, Académie Nationale, Médaille d’argent (1).
– 1890 : Paris, Exposition internationale.
– 1890 : Paris, Diplôme d’Honneur (Ex Aequo).
– 1891 : Moscou, Admis à l’Exposition française.
– 1892 : Paris, Médaille de vermeil.
– 1892 : Monaco, Diplôme d’Honneur.
– 1894 : Anvers, Diplôme d’Honneur.
– 1894 : Anvers, Médaille de bronze.
– 1894 : Paris, Médaille d’or.
– 1894 : Lyon, Médaille de bronze.
– 1894 : Épernay, Médaille de vermeil 1ère classe.
– 1895 : Bordeaux, Diplôme d’Honneur.
– 1895 : Reims, Académie Nationale, Médaille de vermeil (2).
– 1895 : Reims, Médaille d’or (3ème médaille de l’académie ?)
– 1900 : Paris, Exposition Universelle, Médaille d’argent.
– 1911 : Reims, médaille d’argent de la Société d’archéologie lors du Congrès archéologique de France (cf. Bulletin de la Société des Amis du vieux Reims, 1912, p. 90).

Nous allons tenter de connaître le motif des récompenses mais seul le dépouillement de la presse locale est en mesure de nous renseigner. Il n’a pas été systématique et c’est donc le fruit du hasard que nous livrons.

– 1889 : Paris Exposition Universelle, M. H. [Mention honorable].

L’exposition universelle de Paris se tient du 6 mai au 31 octobre 1889. Aucun renseignement actuellement sur l’objet de la récompense.

– 1890 : Reims, Académie Nationale, Médaille d’argent (1)

Cette médaille, décernée dans la séance publique de l’Académie le 10 juillet 1890, récompense son Album des Établissements hospitaliers de Reims. Ouvrage à la Bibliothèque municipale de Reims :  Les Hospices de Reims, 1890, recueil de 37 pl. de photographies (BM Reims cote EST-REC-15 ou CTII833GG)

– 1890 : Paris, Exposition internationale.

La 2e Exposition internationale de 1890 est consacrée aux Sciences et Arts industriels. Elle est organisée par la Société nationale au Palais de l’Industrie, de juillet à novembre.

– 1890 : Paris, Diplôme d’Honneur (Ex Aequo).

– 1891 : Moscou, Admis à l’Exposition française
L’Exposition française à Moscou est inaugurée le 29 avril 1891 pour une ouverture le 4 mai 1891 et dure jusqu’en octobre.

– 1892 : Paris, Médaille de vermeil.

– 1892 : Monaco, Diplôme d’Honneur.

Courrier de la Champagne, mercredi 5 avril 1893, p. 2, col. 6.

Diplôme d’honneur

Notre concitoyen, M. Rothier, photographe, vient de recevoir le diplôme d’honneur à l’exposition internationale de Monaco. Les photographies exposées étaient celles des micrographies de M. le Dr Eugène Doyen.

Ses trois grands cadres, comprenant 300 épreuves sur verre de photographies colorées, ont fait l’admiration des sommités médicales nombreuses à l’exposition de Monaco.

Nous adressons nos compliments à l’artiste consciencieux qui rend ainsi un service signalé à la science.

(texte intégral)

Il ne fait aucun doute que ces photographies illustrent, l’ Atlas de microbiologie des Docteurs E. DOYEN et G ROUSSEL avec la collaboration de MM. E. CHAZAREN bactériologiste et F. Rothier, photographe à Reims. Dans ce volume de 388 pages, publié en 1897, figurent 541 clichés tirés en phototypie dans le texte (gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61060395).

L’introduction de cet ouvrage nous livre les éléments techniques qui ont concourus à la réalisation des clichés : « Nos clichés ont été obtenus dans notre laboratoire privé, à l’aide des instruments les plus perfectionnés. Nos appareils optiques proviennent de la maison Carl Zeiss, d’Iéna ; les plaques sensibles orthochromatiques d’Otto Perutz jusqu’en 1892 et, depuis cette époque, les plaques isochromatiques d’Attout-Tailfer, fabriquées par la maison Lumière, de Lyon, sont celles qui nous ont donné les meilleurs résultats. 

Grâce à une série de dispositifs particuliers, nous photographions sans difficultés les préparations incolore, moisissures et levures. Les préparations colorées peuvent être indifféremment teintes en bleu, en violet, en rouge ou en brun.

Les teintes les moins photogéniques donnent d’excellents résultats, si l’on modifie convenablement l’éclairage de la préparation à l’aide d’une cuve remplie d’une solution plus ou moins concentrée d’acide picrique ou de bicarbonate d’ammoniaque. Nous employons de préférence comme source de lumière une lampe à arc de 60 volts, débitant 16 ampères.

Les tubes et les cristallisoirs ont été photographiés à la lumière du jour, dans le laboratoire de M. Rothier. » (p. 6).

« Tous nos clichés sont reproduits dans le texte, tout en étant tirés sur gélatine bichromatée. » (p. 7).

A propos des mycoses externes de l’homme et des animaux on apprend que les préparations des docteurs Sabouraud et Bodin ont été photographiées à Reims, dans le laboratoire du docteur Doyen ou dans celui de son ami M. Rothier (p. 34).

Nous donnons, pour l’exemple, quelques titres de figures et invitons le lecteur à consulter l’ouvrage numérisée dans la base gallica de la bnf (Bibliothèque nationale de France).

– Fig. 1 – Phycomyces nitens (grandeur nature).
– Fig. 2 – Sporanges de Phycomyces items (gr[ossissement]. 50 diam[ètre].).
– Fig. 3 – Sporange de Phycomyces items (gr. 180 diam.).
Etc.

– 1894 : Anvers, Diplôme d’Honneur.
– 1894 : Anvers, Médaille de bronze.
– 1894 : Paris, Médaille d’or.
– 1894 : Lyon, Médaille de bronze.
– 1894 : Épernay, Médaille de vermeil 1ère classe.
– 1895 : Bordeaux, Diplôme d’Honneur.

– 1895 : Reims, Académie Nationale, Médaille de vermeil  (2).

Ouvrage à la Bibliothèque municipale de Reims :  Souvenir de l’Église Saint-Remi de Reims, 1896, album de photographies prises par F. Rothier, 30 pl. BM Reims cote DRP 57, ou Réserve Diancourt PP 559, ou RP 720.

Ouvrage à la Bibliothèque municipale de Reims :  Exposition rétrospective de Reims, 1895, album de photographies, 15 pl. (BM Reims cote RG 45).

– 1895 : Reims, Médaille d’or indique que « les reproductions de l’Album ci-joint de l’Eglise de Saint-Remi proviennent de plus grands clichés (environ 150)  et MM. Les Architectes et Archéologues peuvent obtenir des épreuves en s‘adressant à M. F. ROTHIER».’](3eme médaille de l’académie ?).

Bibliothèque municipale de Reims : Musée lapidaire rémois, chapelle basse, phototypie d’après Trompette, s. d. [1895], cote VIII-II-e-2. (à vérifier si bien Trompette ou est-ce que Rothier travaille chez Trompette à cette époque ?

– 1900 : Paris, Exposition Universelle, Médaille d’argent.

Courrier de la Champagne, jeudi 19 avril 1900, p. 2, col. 3-4.

Nos concitoyens à l’Exposition.

Depuis plusieurs jours, les curieux se succèdent aux vitrines du chalet occupé par M. Rothier, place du Parvis. On y vient admirer la remarquable collection de positifs sur verre qui dans quelques jours vont figurer à l’Exposition.

La curiosité aidant, nous avons suivi M. Tout le monde ; nous sommes allé voir et, par la même occasion, faire causer un peu l’homme toujours aimable qu’est M. Rothier.

Nous avons admiré de superbes choses et appris pourquoi l’auteur, sortant des sentiers battus, exposait non pas des portraits, – ce qui, au point de vue réclame, eut été peut-être plus productif, – mais avait voulu faire ce qu’on peut appeler l’histoire du vin de Champagne.

C’est une œuvre de vulgarisation qu’a faite M. Rothier, ce en quoi il mérite les félicitations les plus sincères.

Son but est de faire connaître à ceux qui boivent du champagne et qui en ignorent la genèse, par quelle suite d’opérations, d’abord naturelles dans la végétation, puis industrielles dans la fabrication, il passait avant de devenir dans les coupes la liqueur qui pétille et chasse les idées moroses.

Ce fut un travail de bénédictin. Il fallut deux ans à l’opérateur pour réussir et grouper les cent et quelques clichés qui figurent dans la collection

La première partie, qui composera un premier cadre, est consacrée au travail de végétation, de culture de la vigne, et de traitement du raisin.

Elle commence à l’ébouillantage des échalas pour se terminer par le chargement des fûts remplis de vin doux sur les voitures qu’au temps des vendanges nous entendons rouler jour et nuit dans les rues. Toutes les opérations, fumure, sarclage, taillage, sulfatage, cueillette, pressurage, sont prises sur le vif et parfaitement traitées.

Depuis deux ans donc, M. Rothier est à l’affût des vents et du soleil propice aux opérations photographiques. Que de fois il a dû consulter le baromètre ; que de tours aussi le fantasque instrument ne lui a-t-il pas joués !

L’aiguille s’arrêtait-elle un moment au beau fixe, M. Rothier partait pour Ay, Avize, Bouzy ou Ambonnay, à la recherche d’un coin bon à croquer. Alors se dressait devant l’opérateur toute une série de difficultés à vaincre, les amis de la plaque sensible les connaissent trop pour qu’il soit besoin d’insister.

M. Rothier, en tout cas, n’a perdu ni son temps ni sa peine, et c’est sans réserve que nous admirons le fruit de son labeur.

Ses clichés de cette première partie sont agrémentés de vues prises sur les coteaux les plus renommés de notre vignoble. C’est avec un vrai sens artistique que M. Rothier a choisi ses perspectives et l’expérience de l’opérateur aidant, il a fait quelque chose qui certainement ne passera pas inaperçu, même à Paris.

Dans la seconde partie de son travail, – ce sera la matière d’un deuxième cadre, – l’opérateur se transporte dans les caves Pommery et suit, l’objectif en mains, le vin dans toutes ses transformations.

Là commençaient pour M. Rothier des difficultés d’ordre nouveau ; il fallait vaincre les ténèbres des caves et les vaincre d’une façon qui s’accommodât avec les procédés photographiques. Si, en effet, l’opérateur éclairait ses groupes sans dissimuler les foyers électriques, un halo regrettable rendait indistincts les détails du cliché.

M. Rothier a su remédier à cet inconvénient et nous n’avons nulle part mieux admiré son procédé que dans le cliché qu’il a pris  de la cave Montréal, longue de 525 mètres, qui est supérieurement traité. Il n’a pas fallu pour réussir cette opération, nous dit M. Rothier, moins de 225 lampes à incandescence et huit à arcs, dissimulées dans des endroits raisonnés.

On voit successivement, dans cette série, comme une sorte de cinématographe, les ouvriers entrer dans les caves, se mettre à l’ouvrage et faire subir au vin toutes les opérations qui doivent en faire l’incomparable boisson que l’on sait.

Le liquide arrivé en moût, sort dans les bouteilles coquettement vêtues et soigneusement rangées côte à côte dans les caisses d’expédition pour s’en aller aux extrémités du globe faire chanter les louanges de notre pays de Champagne.

Cette histoire en images du vin des gourmets, est agrémentée de clichés divers, (grand escalier des caves Pommery très réussi, vue générale des celliers, salle des chaudières, etc.,) qui encadrent parfaitement la partie instructive.

Un mot encore des deux bas-reliefs taillés dans la craie par Navlet, La Fête de Bacchus et Le Champagne au XVIIIe siècle. On sait que ces œuvres du sculpteur rémois sont à pan incliné, le haut du cadre se rabattant vers le visiteur.

Il fallait, pour la photographie, s’arranger de façon à annihiler l’effet de cette disposition et empêcher aussi que les montants du cadre ne semblassent, comme cela était à redouter, aller en s’évasant de bas en haut. M. Rothier a bien traité ces deux sujets.

Comme nous le disions en commençant, l’opérateur a fait œuvre de bonne vulgarisation ; et il n’est pas douteux que les masses, à l’Exposition, ne s’arrêtent devant son travail et profitent de cet enseignement par l’image, qui, vraiment, montrera sous un jour nouveau, à ceux qui ne la connaissent que de réputation, notre grande industrie champenoise.

Cette série, venant après les importants travaux de microbiologie exécutés naguère de concert avec M. le docteur Doyen, et pour lesquels il a reçu de nombreuses récompenses, sont tout à l’honneur de M. Rothier.

Ceux qui voudraient voir à Reims l’œuvre dont nous venons de parler doivent se hâter, car elle va disparaître ces jours-ci des vitrines. Il restera d’ailleurs aux visiteurs de l’Exposition la faculté de l’admirer dans le groupe 3, classe 12.

A. L.

Note : La plupart de ces photographies a certainement été utilisée pour illustrer l’ouvrage de Camille Moreau-Bérillon au Pays du Champagne paru en 1925 mais en partie composé avant 1914.(BM Reims cote CH MM10). D’autre part F. Rothier a édité une série de cartes postales avec le même sujet (voir ci-après l’inventaire de ses clichés d’après l’ouvrage de Moreau-Bérillon).

Exposition universelle de 1900. Catalogue illustré officiel de l’exposition décennale des Beaux-Arts, 1889 à 1900, Imprimerie Lemercier et Cie, 44 rue Vercingétorix Paris, Ludovic Baschet éditeur, 12 rue de l‘Abbaye, Paris, 1900, 1 vol., 336 p.. dont 240 d’illustrations (Bibliothèque municipale de Reims, cote M 11125) (cf. p. 253).

Ministère du commerce, de l’Industrie, des Arts, des Postes et de Télégraphe. Exposition universelle de 1900 à Paris. Liste des récompenses, Paris imp. Nationale, 1901, 1 vol., 1473 p. (Bibliothèque municipale de Reims, cote MM 1756). (cf. p. 119)

1911 : Reims, médaille d’argent de la Société d’archéologie lors du Congrès archéologique de France (cf. Bulletin de la Société des Amis du vieux Reims, 1912, p. 90).

La Société française d’archéologie pour sa séance de clôture de son congrès, le 27 juin 1911 à Reims, décerne sept grandes médailles de vermeil, six médailles de vermeil, vingt médailles d’argent et six médailles de bronze. Elle attribue une médaille d’argent à François Rothier, photographe à Reims (Congrès archéologique de Reims, tome 2, p. 68). Vingt-et-une photographies illustrent les deux volumes des actes du congrès.

François Rothier expose.

Courrier de la Champagne, mercredi 11 juillet 1906, p. 2, col. 5-6.

L’Académie de Reims et l’art :

C’est à une sorte de vernissage provincial que nous avons assisté hier, dans la salle des rois, à l’Archevêché, où tout s’apprête pour la séance publique de l’Académie nationale de Reims, qui doit avoir lieu demain jeudi.

L‘Académie, pour cette séance s’est entourée d’un véritable cadre artistique sur lequel nous avons jeté un coup d’œil, grâce à l‘amabilité de M. le docteur Pol Gosset et de M. Kalas.

Nous avons publié récemment la liste des artistes rémois qui ont bien voulu exposer un peu de leur œuvre. Un mot bref sur chacun d’eux. [Chavalliaud et  E. Bourgouin  (sculptures), Kalas (peintures), Coutin, Rothier  (photographies), Fourain (ciseleur, étains repoussés), Belval (photographies), Martin (dessins de la cathédrale), Charlier, Pellus (sculptures), Doucet (photographies), Dufay et  Allard (architectes, dessins), Marcel Walbaum (dessins)]

M. ROTHIER, photographe, est « l’homme de la cathédrale », dont, grâce à lui, aucune des beautés n’est plus ignorée. L’an dernier, il avait exposé la première série de ses vues de Notre-Dame. Il a continué, cette année, son travail de bénédictin qui sera, un jour venu, la mine inépuisable dans laquelle fouilleront les archéologues. C’est le fruit de ce labeur qu’il expose cette année. Tout le détail des trois porches et de leurs voussures, y figure en un nombre considérable de photographies qui sont, pour beaucoup de Rémois même, une révélation ; la richesse architecturale de l’immense édifice est infinie ; il a fallu un Rothier inlassable pour fouiller de son objectif nombre de parties inviolées et pour les livrer à la curiosité du public artiste. Ce sera l’honneur de la vie de cet excellent photographe. En même temps, M. Rothier expose une série de positifs sur verre destinés à exciter, par les projections, l’admiration des masses pour l’incomparable monument qui est une des gloires de Reims. Enfin, M. Rothier expose une très belle photographie de notre Archevêque, Mgr Luçon.

A. L.


En juin 1900, on pouvait admirer dans la vitrine de M. L’Hoste, rue de Talleyrand à Reims, un portrait du docteur Décès par le peinte Lamare, réalisé à l’aide d’une photographie sortant de la maison Rothier et d’après les indications fournies par la famille du défunt. >> Note 7


En savoir plus :

Bibliographie

THIBAULT, Michel, 2016. – Le photographe Rothier, Amicarte 51, n° 107, mars 20.16, p. 10-11, ill. noir et blanc (Bibliothèque municipale de Reims,; PER CH X G 79).

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